L'habitat groupé a le vent en poupe... Avantages et inconvénients de ce type de logement
26 septembre 2017

Aujourd’hui, vous êtes de plus en plus nombreux à vous intéresser au concept d’habitat groupé !

De quoi s’agit-il ? L’habitat groupé, c’est décider de vivre avec d’autres couples/familles et de construire ou de rénover à plusieurs. Chacun dispose de son propre espace privatif, tout en partageant ensemble certains biens ou facilités : le groupe décide par exemple d’installer une grande pièce commune pour l’organisation de fêtes, d’aménager un potager commun, de partager un jardin ou une salle de jeux commune pour les enfants, de financer ensemble des travaux d’apport d’énergies renouvelables (panneaux solaires, récupération de l’eau de pluie, ...) afin de rendre la maison plus passive, etc.

A ne pas confondre avec… les « maisons kangourous », qui visent les situations où une personne âgée loue une partie de sa maison à une famille ou à un étudiant à un loyer avantageux, avec, en contrepartie, des services rendus par ces locataires à la personne âgée (une sorte d’alternative aux maisons de retraite). L’habitat groupé ne vise pas non plus les logements groupés à destination de personnes en situation de précarité sociale (même si ce type de logement existe aussi).

Partage et solidarité : l’aspect humain de l’habitat groupé. Si les motivations d’une personne qui se lance dans un habitat groupé peuvent être financières et écologiques, l’habitat groupé poursuit avant tout un objectif relationnel et solidaire. L’aspect humain constitue l’avantage principal de cette forme de logement, pour les enfants qui socialisent ainsi plus rapidement comme pour les personnes âgées qui peuvent alors rester plus longtemps dans leur maison. L’habitat groupé donne un sentiment de sécurité car il y a toujours quelqu'un dans le coin !

L’habitat groupé est-il plus intéressant financièrement ? Pas forcément ! D’un côté, certains coûts peuvent être divisés entre cohabitants et/ou épargnés car vous pouvez faire appel aux services de vos voisins. D’un autre côté, les prix des unités privatives d’un habitat groupé ne sont pas nécessairement plus bas que pour d'autres formes de logement. En outre, vous devez être en mesure de participer financièrement au reste des frais, surtout si des rénovations sont nécessaires : des crédits doivent pouvoir être contractés par les habitants, et la cohabitation requiert des décisions. En raison de ces obstacles, l’offre d’habitats groupés est relativement faible et  les propriétés sont rapidement complètes. Seuls les plus tenaces ont donc une chance de pouvoir se lancer dans un projet d’habitat groupé.

Une réglementation limitée. Il n’existe pas de cadre réglementaire spécifique entourant les habitats groupés. Conséquence : les habitants sont très fortement tributaires d’accords entre eux. Diverses questions peuvent surgir, tant dans la phase de démarrage du projet d’habitat groupé que dans la phase des travaux ou durant la vie communautaire en tant que telle, notamment sur les parties communes, la responsabilité des travaux ou encore la répartition de la contribution financière. D'autres questions sont moins évidentes : quels permis et quelle structure juridique choisir pour un habitat groupé ? Quid si quelqu'un veut quitter l’habitat groupé ? Vous l'aurez compris, un habitat groupé ne peut se mettre en place sans l’aide de professionnels qui disposent de ces connaissances, tels qu’un notaire, par exemple.

Quelle forme juridique choisir pour constituer un habitat groupé ? La loi est muette aussi de ce côté-là. En général, 4 structures juridiques sont utilisées pour ce concept et poursuivent chacune des objectifs différents : la copropriété, la société coopérative, l’asbl et la société à finalité sociale. Les 2 premières formes sont les plus courantes. La copropriété permet à chacun d’être pleinement propriétaire de son bien et d’être copropriétaire pour les parties communes.

L’habitat groupé présente des avantages, mais il est important d'être bien informé sur les charges financières que chacun devra supporter, pour l’achat mais aussi pour l’occupation effective de la propriété. Les (futurs) habitants doivent activement prendre des décisions en tant que groupe, et cela nécessite une réelle implication, d’où l’importance de vous assurer d’être sur la même longueur d’onde si vous décidez de vous lancer dans l’aventure. Enfin, n’hésitez pas à consulter au préalable un professionnel, tel que le notaire, il vous conseillera sur de nombreux aspects relatifs à ce projet. 

 
 

Source: Fédération Royale du Notariat Belge