Des règles plus strictes pour les administrateurs et mandataires professionnels
Cet article a été rédigé le 17/06/2026 en fonction de la réglementation en vigueur à cette date. Besoin d'informations spécifiques ou de conseils adaptés à votre situation ? Consultez une étude notariale.
Avec l’âge, une maladie ou un accident, certaines personnes peuvent perdre la capacité de gérer elles-mêmes leurs affaires. Dans ce cas, un administrateur peut être désigné par le juge de paix ou, si elle existe, un mandat de protection peut entrer en vigueur.
Dans la plupart des situations, cette mission est confiée à une personne de confiance Dans le cadre d’une mesure d'administration de biens et/ou de la personne, la personne de confiance vous assiste et joue un rôle d’intermédiaire entre vous et votre administrateur. Elle informe l’administrateur de vos souhaits et peut contrôler le travail de ce dernier (si elle a l’impression que l’administrateur ne remplit pas correctement sa mission, elle peut en avertir le juge de paix). Si vous ne désignez pas une personne de confiance via une déclaration de préférence, le juge de paix peut en désigner une s’il l’estime opportun. Il consultera alors votre entourage. Attention, cette définition et ces missions peuvent varier en fonction du contexte (ex : la loi sur les droits du patient, la loi sur l'euthanasie, la loi sur la protection des malades mentaux). de l’entourage proche. Mais si vous avez désigné une personne extérieure à votre cercle familial dans votre mandat C’est un contrat par lequel une personne donne le pouvoir à une autre personne de faire quelque chose à sa place, en son nom et pour son compte. On parle aussi de « procuration ». de protection ou dans une déclaration de préférence Une déclaration de préférence vous permet d’anticiper les conséquences d’un état d’incapacité. Dans un document écrit, vous indiquez la personne que vous voudriez que le juge désigne comme personne de confiance ou administrateur de biens et/ou de la personne, si un jour vous êtes déclaré incapable de gérer vos biens et/ou votre personne. Vous pouvez également désigner un remplaçant dans l’hypothèse où votre 1er choix venait à refuser la mission. La déclaration de préférence peut se faire chez un notaire, ou chez le juge de paix de votre lieu de résidence. Elle sera ensuite enregistrée au registre central des déclarations pour 15 euros HTVA. Vous pourrez toujours modifier ou révoquer la déclaration de préférence à tout moment. Cette déclaration ne sera examinée que pour autant qu’une demande de protection judiciaire soit introduite ultérieurement devant un juge de paix compétent. Il faudra également que toutes les conditions soient remplies au moment de la demande, et que la personne que vous ayez désignée accepte de devenir votre administrateur ou personne de confiance. Le juge n'est pas obligé de suivre votre désignation s'il estime que ce n’est pas dans votre intérêt. relative à une future administration, il est utile de vérifier dès maintenant si ces documents restent conformes aux nouvelles règles.
Le mandat de protection : anticiper l’avenir
Le mandat de protection vous permet de désigner une personne qui pourra agir en votre nom si vous n’êtes plus en mesure de le faire vous-même. Cette personne pourra, par exemple :
- payer vos factures ;
- gérer vos comptes bancaires ;
- conclure certains contrats ;
- vendre un bien immobilier ;
- réaliser des donations dans les limites prévues.
L’objectif est simple : prévoir aujourd’hui ce qui se passera demain si vous devenez vulnérable.
Vous choisissez librement la personne que vous désignez comme mandataire. Il s’agit souvent du conjoint, d’un enfant ou d’un autre proche, mais cela peut également être un ami ou un voisin. L’essentiel est qu’une relation de confiance existe, car les pouvoirs accordés peuvent être très étendus.
Contrairement à une administration judiciaire, aucune intervention systématique du juge n’est prévue. La procédure est donc plus souple, mais il n’existe pas non plus de contrôle automatique sur l’exécution du mandat.
Vous pouvez toutefois prévoir des mécanismes de contrôle, par exemple en imposant au mandataire de rendre régulièrement des comptes. Et en cas de suspicion d’abus, toute personne intéressée peut saisir le juge.
Quand fait-on appel à un professionnel ?
Le législateur privilégie d’abord la désignation d’un proche, que ce soit dans le cadre d’un mandat de protection ou dans le cadre d’une administration judiciaire.
Mais certaines situations nécessitent l’intervention d’un professionnel. C’est notamment le cas lorsqu’il n’y a pas de proches disponibles, lorsque des conflits familiaux existent ou lorsqu’un conflit d’intérêts rend inopportune la désignation d’un membre de la famille. Le juge de paix peut alors désigner un administrateur Personne qui prend en charge l’administration d’une société. La fonction d’administrateur est très souvent collégiale et partagée par l’ensemble des membres de l’organe d’administration de la société. Nous parlons d’administrateurs dans les SA, SRL et SC (contrairement à la société simple où nous parlons de gérants). professionnel. De même, une personne peut choisir à l’avance un professionnel dans son mandat de protection, éventuellement pour certaines missions spécifiques uniquement.
Un registre national pour les professionnels
Une nouvelle loi entrera en vigueur le 1er septembre 2027.
À partir de cette date, seuls pourront exercer la fonction :
- les administrateurs ou mandataires appartenant au cercle familial ou proche ;
- les professionnels inscrits dans un nouveau registre national des administrateurs professionnels.
Cette obligation concernera également les mandataires désignés dans un mandat de protection.
Pour être inscrits dans ce registre, les professionnels devront notamment avoir suivi une formation théorique et pratique reconnue. Ils devront être enregistrés au plus tard le 1er juillet 2028.
Qui est considéré comme un proche ?
Les membres de la famille et les personnes proches ne devront pas être inscrits dans ce registre. La loi adopte une définition large. Sont notamment visés :
- les parents ;
- le conjoint ;
- le
cohabitant légal
Les cohabitants légaux sont les personnes qui, sans être mariées, ont fait constater leur volonté de vivre ensemble par le biais d’une déclaration écrite, remise à l’officier de l’état-civil de la commune dans laquelle le domicile retenu est situé. Du point de vue du droit fiscal des successions, les cohabitants légaux sont assimilées aux époux. Plus d'infos
; - la personne avec laquelle vous formez un ménage de fait ;
- les membres de la famille proche ;
- les personnes entretenant avec vous des liens étroits ;
- les personnes qui assurent votre accompagnement ou vos soins au quotidien.
Vous disposez déjà d’un mandat de protection ?
Les nouvelles règles ne concerneront pas uniquement les mandats établis après l’entrée en vigueur de la loi. Elles s’appliqueront également aux mandats existants ainsi qu’aux déclarations de préférence, c’est-à-dire les documents dans lesquels vous indiquez à l’avance qui vous souhaiteriez voir désigné comme administrateur si une mesure de protection judiciaire Mesure visant à désigner un pour aider une personne qui ne peut pas (plus) rendre de décisions concernant ses finances ou sa personne à prendre ces décisions, ou les prendre à sa place. devenait nécessaire.
- Votre mandataire est un membre de votre famille ou votre partenaire
Aucune démarche n’est nécessaire. Les nouvelles règles n’ont, en principe, aucun impact sur votre situation.
- Votre mandataire est une personne proche
Dans ce cas également, rien ne devrait changer. Il peut néanmoins être utile de préciser clairement dans votre mandat pourquoi cette personne entretient avec vous une relation étroite. Cela permettra d’éviter d’éventuelles discussions ou incertitudes ultérieures.
- Votre mandataire est un professionnel avec lequel vous n’avez pas de lien particulier
Dans ce cas, cette personne devra être inscrite dans le nouveau registre national des administrateurs professionnels afin de pouvoir exercer sa mission lorsque le mandat s’appliquera.
Comment vérifier votre mandat ?
Si vous souhaitez vous assurer que votre mandat de protection répondra aux nouvelles exigences, il est conseillé de vérifier l’identité de la personne que vous avez désignée comme mandataire.
Si votre mandat a été établi devant notaire, vous pouvez facilement la retrouver dans votre coffre-fort numérique Izimi.
Besoin de conseils ?
Chaque situation est différente. Votre notaire peut vérifier avec vous si votre mandat de protection reste adapté à votre situation et conforme aux nouvelles règles.
N’hésitez pas à prendre contact avec une étude notariale de votre choix.