Immobilier

Maisons et appartements : les achats en solo gagnent du terrain

Cet article a été rédigé le 10/06/2026 en fonction de la réglementation en vigueur à cette date. Besoin d'informations spécifiques ou de conseils adaptés à votre situation ? Consultez une étude notariale.

Au fil des années, les acheteurs en solo sont de plus en plus présents sur le marché immobilier. En 2025, 42 % des habitations vendues ont été achetées par des célibataires sur l’ensemble du territoire belge (2 % de plus qu’en 2024). À Bruxelles, le pourcentage monte à 52% et en Wallonie à 45 %. Les acheteurs en solo de 26-30 ans sont les plus actifs sur le marché belge tant pour les maisons (19 %) que pour les appartements (24 %)

La part des célibataires achetant un bien immobilier en Belgique augmente 

La Fédération du Notariat (Fednot) a analysé les chiffres des achats immobiliers en Belgique en 2025 selon qu’ils ont été réalisés seuls, à deux ou à trois (et plus).

Fednot a constaté que, depuis 2021, la part des célibataires* dans l’achat d’une habitation a augmenté. Ainsi, en 2025, 42 % des habitations en Belgique ont été achetées par des gens en solo. C’est 2 % de plus qu’en 2024, 2023, 2022 et 2021. 55 % de ces mêmes habitations ont été achetées en duo (56 % en 2024) en 2025. Les 3% des habitations achetées en 2025 dans l’ensemble de la Belgique l’ont été par trois personnes ou plus.

L’analyse de Fednot a également différencié parmi ces habitations les maisons et les appartements. En 2025, 57 % des appartements vendus en Belgique l’ont été à des célibataires* contre 55 % un an plus tôt et 37 % à des couples. La proportion diminue pour les maisons : 35 % d’entre elles ont été acquises par des personnes seules en 2025 (63 % à des duos). Ce sont des chiffres identiques à ceux de 2024 mais en légère progression par rapport à 2023 (34 %). 

« Selon les derniers chiffres de Statbel, la Belgique comptait 5.199.324 ménages privés au 1er janvier 2025, indique Renaud Grégoire, notaire et porte-parole de notaire.be. Cela représente 36.185 ménages privés de plus qu’un an plus tôt, soit une hausse de 0,70 %. Selon l'Office de statistique, au 1er janvier 2025, la répartition des différents types de ménage en Belgique était la suivante : 36,3 % de ménages d’une personne, 18,1 % de couples mariés sans enfant, 18,5 % de couples mariés avec enfant(s), 6,6 % de couples cohabitants sans enfant, 8,2 % de couples cohabitants avec enfant(s), 10,0 % de ménages monoparentaux et 2,3 % d’autres types de ménages privés. Au fil des années, la proportion des ménages d’une personne a tendance à augmenter. Sans pour autant drastiquement diminuer la possibilité accordée à ceux-ci à s’acheter un logement. Bien sûr, l’achat d’appartements, généralement plus petits que les maisons et moins chers, est plus prisé par les célibataires. »

*Dans ce communiqué, on parlera de célibataires quand un achat immobilier a été réalisé par une personne seule, sans pour autant pouvoir préjuger de sa situation maritale (mariage, cohabitation légale ou de fait). De la même manière, on parlera de couples pour un achat immobilier effectué à deux sans savoir pour autant si ces deux personnes sont mariées (ou cohabitantes), de la même famille ou simplement des amis.

**Au 1er janvier 2019, la Belgique comptait 4.948.398 ménages privés, dont 1.718.738 personnes seules et 489.175 familles monoparentales (respectivement 35 % et 10 %), soit un total de 2.207.913 ménages (45 %).

Achats immobiliers par des personnes seules : disparités régionales pour les maisons 

Dans les trois régions, on constate des différences dans les proportions pour les achats immobiliers. À Bruxelles, en 2025, les célibataires ont acheté 52 % des habitations vendues (2 % de plus qu’en 2021). Loin des 45 % relevés en Wallonie (45 % aussi en 2024) et des 39 % en Flandre. Pour les appartements, les ratios sont également disparates entre les régions : 64 % de personnes en solo en Wallonie, 61 % à Bruxelles et 55 % en Flandre.

À Bruxelles, en 2025, les célibataires ont acheté 26 % des maisons vendues (1 % de moins qu’en 2024). Loin des 42 % relevés en Wallonie mais un peu plus proches des 32 % flandriens. 

« Toujours selon Statbel, les ménages d’une personne sont les plus fréquents dans toutes les régions, bien que leur proportion varie : 33,4 % en Région flamande, 37,7 % en Région wallonne et 47,1 % en Région de Bruxelles-Capitale, poursuit Renaud Grégoire. À Bruxelles, malgré les prix pratiqués bien souvent globalement supérieurs à ceux des autres régions, le marché pour l’achat d’une habitation est dominé par les célibataires. Un chiffre en hausse d’1 % par rapport à 2024. Il reste donc possible, quoi qu’on en dise, d’acheter en solo en Région Bruxelles-Capitale. Certains envisageront toutefois de couvrir le coût de cet achat avec l’aide d’un partenaire ou, éventuellement, d’un locataire partageant l’occupation et donc la charge hypothécaire. En Wallonie, la proportion d’achat en solo est moindre, le marché restant principalement dominé par la vente de maisons (NdlR : en 2025, 78,5 % de maisons vendues versus 21,5 % d’appartements). Des maisons parfois moins chères qu’un appartement à Bruxelles.»

Appartements : Liège, Namur et le Hainaut en tête pour les célibataires

C’est dans la province de Luxembourg que les solos sont les moins actifs pour l’achat d’un appartement : ils sont 59 %, soit 2 % de moins que dans le Brabant Wallon et Bruxelles (61 %). Dans la province du Hainaut, ils sont 63 %, dans celle de Namur 64 % et dans celle de Liège 66 %. 

Maisons : les célibataires moins actifs dans le Brabant Wallon et à Bruxelles

Parmi les provinces wallonnes, c’est dans celles où les maisons sont les plus chères en moyenne que les personnes en solo ont la part la plus petite : en 2025, 30 % des maisons vendues l’ont été à des célibataires dans le Brabant Wallon. Un chiffre proche de Bruxelles (où, également, l’immobilier est particulièrement bien valorisé) où 26 % des maisons ont été vendues à des célibataires. Dans le Hainaut, la répartition des achats de maisons entre duos et solos est quasi équilibrée : 46 % des maisons ont été achetées par des personnes seules, contre 53 % par des couples. Dans la province de Namur, la proportion est de 39 % pour les solos et de 59 % pour les duos. Dans celle de Liège, de 43 % pour les personnes seules et de 55 % pour celles accompagnées d’une personne.

Prix moyens plus chers pour les couples

Il ressort de l’analyse de Fednot que les célibataires, en moyenne, achètent des biens moins chers que les gens en couple. En Belgique, le prix moyen d’une habitation en solo est de 273.391€ alors que le prix moyen pour un achat en duo est de 369.254€ et de 401.084€ pour un trio+. C’est 5,6 % de plus pour un célibataire qu’en 2024 (258.971€), 6,5% de plus pour un couple (346.555€ en 2024) et 4,7 % de plus pour un trio+ (382.971€ en 2024).

Pour les maisons et les appartements également, plus on est nombreux pour signer l’ acte d’achat, plus le prix du bien est élevé. Pour un appartement en Belgique en 2025, le prix d’achat est de 257.020€ pour un célibataire (248.707€ en 2024, + 3,3 %), de 302.661€ pour un couple (291.951€ en 2024, +3,7 %) et de 377.054€ pour un trio+ (361.957€ en 2024, +4,2 %).

Ces tendances se confirment également dans les prix d’achat des maisons en Belgique en 2025. Il était de 284.340€ pour un solo (265.638€ en 2024, + 7 %), de 384.718€ pour un duo (359.869€ en 2024, + 6,9 %) et de 425.332€ pour un trio+ (404.724€ en 2024, +5,1 %).

« On constate qu’en moyenne, les couples mettent davantage d’argent dans un appartement que les célibataires dans une maison, poursuit Renaud Grégoire. La capacité d’emprunt d’un couple est évidemment souvent bien plus importante (NdlR : selon Statbel, la proportion de couples hétérosexuels où à la fois la femme et l’homme occupent un emploi à temps plein a augmenté d’un tiers, passant de 34,2 % en 1999 à 46,4 % en 2023). Et l’éventuel petit coup de pouce des papa et maman est moins probable pour les célibataires qui, de facto, ne peuvent solliciter que leurs propres parents pour les aider financièrement à défaut de pouvoir le faire auprès de beaux-parents.»
 

Régions : solos et duos ont acheté des biens plus chers en Wallonie en 2025 par rapport à 2024

Dans les régions, on observe les mêmes tendances en 2025 : à Bruxelles, un appartement était acheté en moyenne par un célibataire au prix de 275.276€ (+4 % par rapport à 2024) alors qu’un couple portait son dévolu sur un appart à 324.987€ (+2,7 % par rapport à 2024). En Wallonie, un célibataire, en moyenne, a trouvé un appartement au prix de 199.225€ (+6,2 % par rapport à 2024) alors qu’un couple déboursait 229.022€ (+8,4 % par rapport à 2024). La moyenne, quel que soit le nombre d’acquéreurs pour 2025, est de 209.342€).

Pour les maisons, l’écart est un peu plus important en termes de prix en Wallonie. Ainsi, un célibataire a acheté une maison à 221.047€ (199.021€ en 2024, +15,1 %) en moyenne et un couple à 304.388€ (+15 % par rapport à 2024). La moyenne quel que soit le nombre d’acquéreurs pour 2025 est de 270.790€. À Bruxelles, un célibataire a acheté en moyenne en 2025 une maison au prix de 505.084€ (-1,3 % par rapport à 2024), alors qu’un couple avait mis sur la table pour une maison 589.592€ (+1,6%). La moyenne quel que soit le nombre d’acquéreurs pour 2025 est de 582.930€. Quand les acheteurs se mettent à trois (ou plus) pour acheter une maison, les prix s’envolent à une moyenne de 712.619€ (+14,6 % par rapport à 2024).

Les tranches d’âge en Belgique

Au niveau des appartements, on constate que la tranche d’âge des 26-30 ans est la plus active en 2025 au niveau des achats des personnes seules : 24 %. Pour les duos, les tranches d’âge sont plus lissées, le pic de 14 % étant constitué par des 65 ans et plus. 

Pour les maisons, ce sont également les acheteurs de 26-30 ans qui sont les plus actifs parmi les célibataires : 19 %. La même tranche d’âge est la plus active dans les couples pour l’achat d’une maison : 23 %, juste devant les 31-35 ans (22 %).

Régions : les tranches d’âge pour les appartements

À Bruxelles et en Wallonie, parmi les personnes seules, c’est également la tranche des 26-30 ans qui était en 2025 la plus active pour l’achat d’un appartement avec, respectivement, une part de 23 % et de 21 %. 

À Bruxelles, les achats en duo d’un appartement en 2025 ont davantage été effectués entre 31 et 35 ans : 21 %. En Wallonie, les 65 ans et plus se détachaient largement : 19 %.

Régions : les tranches d’âge pour les maisons

En 2025, pour les maisons, les 46-50 ans à Bruxelles (17 %) ont été les plus actifs chez les célibataires. En Wallonie, la catégorie d’âge qui a le plus acheté de maisons en solo en 2025 était celle comportant les 26-30 ans : 19 %.

En duo, à Bruxelles, ce sont les 36-40 ans qui ont été les plus actifs pour acheter une maison en 2025 : 26 %. En Wallonie, les tranches des 26-30 ans et des 31-35 ans se partagent la première marche du podium avec 22 % chacune. 

« En Belgique, une maman accueille en moyenne son premier enfant un peu avant 30 ans, analyse Renaud Grégoire. Et un peu plus de 85 % le font lorsqu’elles sont en couple. Ce genre de statistiques peut expliquer que la tranche d’âge entre 26 et 35 ans soit la plus active en Wallonie pour l’achat d’une maison en couple (44 %) quand la volonté est là d’avoir plus d’espace, tant intérieur qu’extérieur. Les 31-40 ans représentent 48 % des achats en duo des maisons bruxelloises. Ce léger décalage peut s’expliquer par les prix plus élevés dans la capitale de la Belgique qu’en Wallonie. Dans l’autre sens, en Wallonie, ce sont les séniors (65 ans+) qui ont acheté majoritairement un appartement en 2025. À une période de la vie où les enfants ont quitté le nid et que l’entretien d’une maison peut-être devenue trop grande devient plus compliqué et dispendieux par rapport aux besoins réels. »

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