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Mandat de protection et début de démence : pourquoi agir à temps est essentiel

Cet article a été rédigé le 26/01/2026 en fonction de la réglementation en vigueur à cette date. Besoin d'informations spécifiques ou de conseils adaptés à votre situation ? Consultez une étude notariale.

Avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes atteintes de démence augmente fortement. Dans la majorité des cas, il s’agit de la maladie d’Alzheimer. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, environ 220 000 Belges vivent aujourd’hui avec une forme de démence. Ce chiffre ne fera que croître dans les années à venir. Grâce au mandat de protection extrajudiciaire, vous pouvez anticiper et déterminer à l’avance qui pourra gérer votre patrimoine et vos affaires personnelles si vous n’en êtes plus capable.

Un diagnostic difficile, aux conséquences importantes

« Je remarque que tu oublies souvent des choses… Peut-être devrais-tu consulter un médecin ? ». C’est une discussion délicate, mais que beaucoup de familles connaissent. Lorsqu’un médecin diagnostique un début de démence, la nouvelle est souvent un choc. Elle bouleverse durablement la vie de la personne concernée et de ses proches. Pourtant, il n’est généralement pas encore trop tard pour prendre les dispositions nécessaires.
 

Pourquoi un mandat de protection est-il si important ?

Avec un mandat de protection, vous fixez à l’avance qui pourra prendre des décisions lorsque vous ne serez plus en mesure de le faire. Cela ne concerne pas uniquement le paiement des factures ou la vente d’un bien immobilier, mais aussi des choix personnels.

Beaucoup de gens souhaitent pouvoir décider à l’avance de leur avenir. Certains ne veulent absolument pas aller en maison de repos, ou ont une préférence très claire. De telles volontés peuvent parfaitement être intégrées dans un mandat de protection. Vous pouvez également y préciser qui peut recevoir des informations médicales ou accomplir certaines démarches administratives en votre nom.

Le notaire Jérôme Otte

Que signifie "incapacité" ?

L’incapacité (au sens de ne plus pouvoir gérer ses propres intérêts) n’a pas de définition légale stricte. « En tant que notaire, nous devons vérifier si un client comprend suffisamment la portée de ses décisions », précise Me Otte. « En cas de doute, nous demandons un certificat médical. La situation de fait est déterminante : certaines personnes ont un diagnostic de démence débutante, mais sont encore capables de régler leurs affaires. C’est souvent un signal d’alarme pour ne pas attendre avant d’agir. »

Ce n’est que lorsque le juge de paix déclare officiellement une personne incapable d’exercer seule ses droits qu’elle perd la possibilité de prendre seule des décisions. Un administrateur est alors désigné pour la représenter ou l’assister dans la gestion de son patrimoine .
 

Jamais trop tôt, parfois trop tard

Un mandat de protection ne peut être établi que si vous êtes encore capable de discernement. 

En cas de diagnostic, ou même de simple suspicion de démence, je conseille toujours de ne pas attendre. Vous décidez vous-même du moment où le mandat prendra effet. Vous pouvez par exemple déjà désigner quelqu’un pour suivre vos paiements, tout en gardant vous-même le contrôle. L’avantage majeur est que le mandat reste valable même si, plus tard, vous devenez incapable. C’est une différence importante avec une procuration classique.

Le notaire Jérôme Otte

La confiance et la communication, des ingrédients essentiels

Un mandat de protection n’a de sens que s’il est confié à une personne en qui vous avez une confiance totale. Et en cas de problème, le juge de paix peut toujours intervenir. 

Un conseil précieux ? Parlez-en avec toutes les personnes concernées. Les personnes que vous désignez comme mandataires portent une grande responsabilité. Si vous désignez l’un de vos enfants, il est préférable d’en discuter avec le reste de la fratrie. Les accords doivent rester réalistes : le mandat doit protéger, mais aussi rester praticable. Le notaire, habitué à prévenir les conflits familiaux, est la personne idéale pour vous guider. 

Le notaire Jérôme Otte

Les partenaires doivent, eux aussi, être impliqués, idéalement avant même la rédaction du mandat. Dans de nombreux couples, un seul gère les finances. Pourtant, il est judicieux d’impliquer progressivement l’autre. Il ou elle pourra ensuite reprendre la gestion avec davantage de sérénité et de confiance lorsqu’il ou elle sera désigné·e dans le mandat.
 

Et quand un mandat de protection ne suffit plus ?

S’il n’existe pas de mandat, ou si celui-ci ne protège pas suffisamment, le juge de paix désignera un administrateur. Cette mesure est toujours proportionnée et limitée à ce qui est nécessaire. Parfois, une simple assistance suffit. Dans d’autres cas, une intervention active est requise.

« Pour les questions personnelles, le juge choisit souvent un proche, comme le partenaire. Pour la gestion financière, une tierce personne peut aussi être désignée », explique le notaire Otte. « Ceux qui souhaitent avoir leur mot à dire peuvent faire établir une déclaration de préférence chez le notaire. Elle permet d’indiquer qui vous aimeriez voir nommé comme administrateur. Le juge doit respecter ce choix, sauf s’il nuit à vos intérêts. »
 

Combien coûte un mandat de protection ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, la rédaction d’un mandat de protection extrajudiciaire fait l’objet d’un honoraire fixe de 211 €. Si vous êtes deux mandants, l’honoraire s’élève à 319 €.

Si vous voulez ajouter dans le même acte une déclaration de préférence concernant la désignation d’un administrateur, un supplément de 54 € est demandé.

À ces montants s’ajoutent encore :

  • le droit d’écriture (50 €),
  • l’inscription au Registre central des mandats et, le cas échéant, au Registre central des déclarations : 19,40 € par mandant et par déclaration,
  • des frais administratifs .

Enfin, une TVA de 21 % s’applique sur l’ensemble, et un droit d’ enregistrement de 50 € est également dû.
 

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